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Texte Libre

Mercredi 2 juillet 2008



"Les échecs de Protée" peinture sur papier, 50 x 55 cm, 2004



Des tas de phoques traînant à même le sol, formant des montagnes grotesques de troupeaux, ils ne cessent de se remuer. De tout ce magma, Protée est le gardien, berger de toutes sortes d'animaux et monstres marins. Poséidon lui donna le pouvoir de prédire le futur. Manque de chance, Protée n'aime pas être dérangé par les curieux s'interrogeant sur leur avenir. Capable de se transformer à son gré, il revêt moult formes pour échapper aux questions interminables. Protée pour pouvoir se transformer a besoin de représentations, sans doute disposait-il d'un dictionnaire Larousse 1993. Malheureusement pour lui, il n'est pas très efficace, le spectateur le reconnaît très rapidement, c'est un protée absurde repéré par des phrases.



Site de l'artiste : http://weigel-frederic.fr      



 



par Becquerel publié dans : processbleu communauté : artiste plasticien
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Mercredi 2 juillet 2008



Ses pieds de poissons allongés

 

 

j’irais dans la maison rose dans les murs et le béton

 

il y a les vielles tantes et on en parle pas

 

 

je lirai les cartes qu’il envoyait de Göttingen à ses parents

 

mon père avait-il le corps entouré de chewing-gum 

 

 

derrière ta disparition il y a ta question de l’amour

                       

 

je n’ai pas toujours eu du sol sous mes semelles

 

mon crâne collé pour ne pas tomber

 

mon ombre commence sous mes pieds

 

 

un amoureux amoureux vers qui je pourrais prendre forme

                       

nous ne vieillirons pas ensemble

           

           

j’aimerais

                       

j’aimerais que nous parlions

                       

 

je mal aimée j’ai mal en mot mal à mort suis mal apprise mal

 

entendue mal dite et mal colique à mal à ligne et mal en meurtre

 

alors je mouds je mouds les mots

 

puis rien

 

 

il faut border les enfants

 

 

du haut de son échafaudage il me remet les pieds au sol

                       

parfois je ne sais plus dans quelle histoire je suis

                       

avoir le coeur en morceaux la tête en tôle mais danser

           

couper mes cheveux pour commencer

 

 

elle a de grands pieds je n’en ai quasiment pas tu avances

                       

l’utilité de la folie pour ceux qui en seraient indemnes

reprendre mon souffle et parler

 

 

il vaut mieux se constituer une réserve un endroit où ranger ses

 

provisions portions potions et poisons par exemple il y a des

 

réserves dans les maisons

 

 

nous n’avons pas les mêmes mots

                       

ma trist ma coler mon amer mon desar moi

                       

dans cette réserve tu peux attraper des poissons

           

           

s’arrêter sur le seuil

 

ferons nous l’amour à l’hôtel Peron 

 

 

un passage d’amants

                       

tant que l’espoir d’un lieu

                       

repartir avec mes pauvres bagages

 

 

à dix ans j’étais un enfant pierre à onze ans à douze ans à treize ans

 

à quatorze ans à quinze ans à seize ans à dix sept ans à dix huit ans

 

à dix neuf ans

                       

un pied dans la poitrine

                       

fatiguée du caillou

                       

rivetée à des tâches simples

                       

un processus d’aliénation ordinaire

 

 

aujourd’hui je dirais qu’il est normal de devenir fou




par Becquerel publié dans : processbleu communauté : Création contemporaine. Art
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Lundi 30 juin 2008




"Profil", 12 fois 120 x 120 cm, tergal sur chassis métallique, 2007



Cécile Bart appartient à cette génération d'artistes qui vous invitent moins à passer voir leur atelier qu'ils ne vous proposent de vous rendre visite, un dossier photographique sous le bras et la tête pleine de récits des installations réalisées ici ou là.
Des installations éphémères montées à partir d'un module industriel : une trame de tergal transparent tendu sur un châssis métallique. Selon la manière dont la trame est multipliée et répétée dans l'espace, au centre d'une galerie ou dans le chambranle d'une ouverture, l'écran de tergal filtre le regard jusqu'à lui refuser toute traversée. Translucide ou opaque, la trame modifie la perception, la spatialité et la luminosité du lieu mais l'objet-écran n'est cependant qu'un instrument opératoire au service d'un concept de mise en scène, l'œuvre étant en quelque sorte immatérielle, puisque résidant dans un jeu de dialogues et de confrontations



par Becquerel publié dans : processbleu communauté : La peinture abstraite
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Dimanche 29 juin 2008





Chant du bossu joueur de flûte

Quitana-po, quitana-po, quitana-po
        quitana-po !
Ai-an qui-na-oueh, qui-na-oueh
Tchi-li li-tcha, tchi-li li-tcha
Don-ca-va-qui, mas-i-qui-va-qui
Qui-ve, qui-ve-na-meh
HOPET !

                             [ Indiens Hopi ]


"Les techniciens du sacré" de Jérôme Rothenberg
éditions José Corti.





par Becquerel publié dans : processbleu communauté : artiste plasticien
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Mercredi 25 juin 2008





Mural Alambrado ( wired mural ) 500 dessins sur papier 800 x 300 cm, 2008



Le cristallin ou "aquula", est un composant de l'oeil de la forme d'une lentille biconvexe
situé juste derrière l'iris et face à l'humeur aqueuse. Le cristallin fait la mise au point, on dit qu'il accomode,
c'est à dire qu'il se déforme pour adapter la puissance de l'oeil à la position de l'objet observé, comme un autofocus en photographie. Le cristallin est protégé dans l'oeil par la pupille, substance amorphe qui joue en quelque sorte un rôle de ciment. La coupe transversale d'un cristallin vue au microscope ressemble à un filet,
à un grillage, éléments sur lesquels l'artiste travaille dans ses dernières séries de dessins.
La série Wired se compose de dessins au crayon réalisés sur des pages de livres anciens. Avec un crayon graphite de mine 6 B, l'artiste représente systématiquement le même motif; un module qui, par le
chevauchement des pages, fait apparaître filet ou grillage en premier plan.
Les feuilles sur lesquelles il intervient sont extraites de livres anciens de sujets divers :
histoire de l'art, architcture, musique, médecine, anatomie, etc.
Les pages sont fixées au mur par les marges du haut, pages qui sous l'action du vent s'envolent
" armant et désarmant " ainsi l'ensemble en permanence.
Le support ainsi que le montage suggèrent une certaine fragilité, précarité.
Les pages instaurent en quelque sorte un certain affrontement entre le statisme du dessin et le dynamisme du support.
L'oeuvre explore les limites floues les contours inachevés, la force symbolique et visuelle du grillage.
La série scénarise une certaine confusion visuelle car à première vue, on ne reconnaît pas qu'il s'agit d'un dessin de grillage; l'illusion nous faisant voir le grillage comme réel.
Ce trompe l'oeil ajoute " le temps " à la composition en tant qu'élément conceptuel, comme limite de
la compréhension. Il nous faut du temps pour approcher l'oeuvre et en saisir les clefs de lecture.
Le systématisme, l'illusion, la répétition donnés à voir ici cahrgent le dessin de qualités dramatiques et symboliques certaines.



           Mural Alambrado, détail


Galerie/Librairie Histoire de l'oeil, 25 rue fontange
13006 Marseille
04 91 48 29 92
Jusqu'au 28 juin 2008
www.histoiredeloeil.com





 

 

 

par Becquerel publié dans : processbleu communauté : artiste plasticien
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