Nouvelle perspective du chantier postfuturiste du tramway à Marseille. Point de vue Boulevard Sakakini direction Boulevard Foch vers les Cinq Avenues, quelques jours après l'inauguration officielle de la pose des premiers rails le 11 juillet 2005.

"LA BLONDEUR"

Il faudrait imaginer qu'il ne neige rien en particulier, qu'il ne neige que l'action de neiger, qu'à proprement parler "il neige", comme on dirait "il est trois heures", ou dans une ville aux carrefours de laquelle aucune poussière, feuille d'arbre, page de journaux, ne serait là pour s'envoler, "il vente", une neige sans flocon ni particule qui n'enregistre que la façon spéciale qu'à le présent d'être là dans la façon qu'il a de revenir, de toujours se remettre en place comme les rideaux à lianes en plastique multicolore retombent invariablement dans leur axe, et qui donnerait l'heure sans heure du présent, "il neige", comme réponse à la question "quelle heure est-il?", qu'il ne neige rien supposant qu'il neige au moins de la présence, supposant qu'il neige du présent, supposant qu'il neige la présence du présent, jusqu'à ce que la présence du présent finisse par se passer du présent lui-même, dans les interstices, voilà la neige comme j'aimerais savoir la dessiner. 

                                                                                        extrait  du prochain recueil de poésie " La blondeur" à paraître aux éditions le petit matin. courriel de l'auteur : mainardi.cecile@wanadoo.fr                                  

                            "Comme tout jour" 2004, tirage numérique, peinture sur aluminium, 280x250x2 cm Collection Frac Bretagne. crédit photographique : dieter Kik                                                                                                                                                            

..." Je cherche à inscrire sur un même support deux procédés, l'un pictural l'autre photographique. Et il faut trouver une méthode pour inscrire ensemble ces deux médiums de nature différente sans établir de priorité d'aucun ordre que ce soit de l'un sur l'autre. Comme si ces deux régimes restaient libres et indépendants (déconnectés) tout en inscrivant ensemble et dans une seule histoire, des formes sur une surface homogène. Il faut dire que si j'ai une telle idée en tête, c'est parce qu'elle m'en évoque une autre. Où plutôt, qu'un tel rapport entre les deux ressemble à celui qu'entretient cette pratique pourtant abstraite de la peinture avec les contenus qu'elle rencontre malgré elle, sans intentions préconçues. C'est dans un jeu qui s'apparente à une divagation improductive avec les matériaux et leur procédure, comme par accident, que l'histoire fait "sujet" dans mes tableaux"...   Extrait de l'entretien de Dominique Figarella avec Dominique Abensour, catalogue du Centre d'art contemporain de Quimper le Quartier, numéro d'isbn 2-908939-44-4. Août 2005. Courriel de l'artiste: figarella@free.fr         

 

                                                                               

Un livre réinscriptible

Un livre: on le pense, désire, rêve, conçoit, finance, édite; il est bouclé; il se laisse ouvrir, tâter, feuilleter, contempler, lire et relire, critiquer; il est là, mais bouclé; déjà il y a du manque; compagnon de chevet, de travail, incontournable ou oublié, nécessaire ou pas; on le déplace, montre, cite, copie, surligne, archive, déchire; on agit autour mais plus dedans; c'est écrit.                                                                                               

C'est dommage: le process du livre, son désir, sa conception, les échanges, les soucis, les pratiques, sont suspendus; pas mort mais bien groggy...alors quoi? Peut-être bientôt un autre livre...

En vrai il faudrait un livre réinscriptible; un truc où y aurait du désir, des concepts, des images, des textes, des échanges, des auteurs, des pratiques; mais jamais bouclé, toujours à écrire; comme un blog !

                                                                                    Sans titre 38 x28 cm acrylique sur papier. 1991.

Originaire de Freiburg, Katharina Grösse vit et travaille à Düsseldorf et à Berlin.

Elle pratique très tôt une abstraction gestuelle alliant contraste des couleurs et nuances avec des directions marquées et débordantes du support pictural, ce qui va l'amener à un investissement global de l'environnement intérieur et extérieur que ce soit l'architecture même, les objets usuels du quotidien ou des matériaux comme de la terre rapportée et des plaques préfabriquées.Elle agrandit son geste pictural par l'emploi de pistolet à peinture à large dispersion et associe souvent cet acte environnemental avec des tableaux aux formats variables ou leurs empreintes évidées sur le mur. Dernière exposition jusqu'au 7 mai 2006 au Mori Art Museum de Tokyo. Son site : www.katharinagrosse.com   

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