Cécile Mainardi 01

Publié le par Cécile Mainardi/Poésie

"LA BLONDEUR"

Il faudrait imaginer qu'il ne neige rien en particulier, qu'il ne neige que l'action de neiger, qu'à proprement parler "il neige", comme on dirait "il est trois heures", ou dans une ville aux carrefours de laquelle aucune poussière, feuille d'arbre, page de journaux, ne serait là pour s'envoler, "il vente", une neige sans flocon ni particule qui n'enregistre que la façon spéciale qu'à le présent d'être là dans la façon qu'il a de revenir, de toujours se remettre en place comme les rideaux à lianes en plastique multicolore retombent invariablement dans leur axe, et qui donnerait l'heure sans heure du présent, "il neige", comme réponse à la question "quelle heure est-il?", qu'il ne neige rien supposant qu'il neige au moins de la présence, supposant qu'il neige du présent, supposant qu'il neige la présence du présent, jusqu'à ce que la présence du présent finisse par se passer du présent lui-même, dans les interstices, voilà la neige comme j'aimerais savoir la dessiner. 

                                                                                        extrait  du prochain recueil de poésie " La blondeur" à paraître aux éditions le petit matin. courriel de l'auteur : mainardi.cecile@wanadoo.fr                                  

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