Francis Picabia 01

Publié le par Becquerel

BELLADONE

Je suis seul comme vous êtes l'aveugle
de la félicité des champs de bataille
car vous tricotez une odeur de grenouille et d'araignée
la jeunesse des mots voudrait
le secret des tombeaux entr'ouverts de bavardages stériles
des hommes héros domestiques
de l'homme sage
 
Pickpockets gladiateurs
fanés par les danseuses d'un rêve terrifiant
cauchemars dans le ring rouge naturellement
nous avons choisi les sensualités candides
des clowns flasques flagellés dans le ciel
où le fer calme l'endroit dangereux
moi je tremblotte des reflets qui scintillent

Un chef de sang frais enfin intelligence d'homme
dont vous êtes si fier pour sa gourmandise
continue à enseigner la toute puissance
des mensonges de nouveaux cavaliers extravagants
sur le fumier des imaginations de gloire
avec une pointe identique du misérable mécanisme
avant la syncope
 
Bancs secs palpables déchargés du fardeau
les vieux bégayaient les bonnes choses pour mourir
Jusqu'à la Noël des curés dont la piété magnifique
perd à flots la guerre de larmes
où le soldat imaginaire brait l'obscurité
trébuche l'œil en ossement de bébé
et réclame une motte de femme
 
Une cigarette bizarre rectangulaire
arrête net la sirène d'angoisse
pourvu que le Dieu camarade
une baleine sur le dos à chaque pas
tourmente la statue des formules faites
sur les nouvelles de l'obscurité belladone
griffant la bougie de quatre sous

Qu'y a-t-il de beau les vainqueurs
aujourd'hui l'honneur rien de plus
voilà les sentiments avec lointain pour rire
méprisable cette vie dépourvue d'habitudes
où la lampe se passe dans la nuit dégrisée
pour revenir accoucher sur le siège
nonchalamment perceptible

J'ai sans doute homme du public spirituel
devant la police d'un sabre africain
frappé les noces de Cana
j'aimerais mieux risquer d'éprouver
au fond des ciseaux ce que je dis là
et plus longtemps avoir ma poupée
qui fut la nécessité de m'ennuyer.






Commenter cet article