Lettre à un jeune artiste...01

Publié le par Becquerel

 

 

Jeudi 9 Août 2007

Chère Denise,

Je ne souhaite pas te parler de ton dernier voyage, peut-être pour mieux oublier la date. Les faits resterons intemporels. Nous étions là Thierry et moi , c'est tout.

L'autre jour , j'ai repensé à un voyage que nous fait ensemble à Bologne en Italie.En descendant du train, nous avions été étonné par la présence d'un petit moineau domestique. Il sautillait sur ses pattes graciles, nous a accompagné un moment, puis s'est envolé.

Tu étais suprise tout comme moi d'un tel accueil. Nous avons longuement parlé de la présence de cet oiseau et des signes que parfois nous perçevons dans le réel et que nous nous approprions selon notre gré.Dans notre dialogue nous lui avons prêté un nom, celui d'un être cher.

Quelques temps plus tard , aprés notre retour, ton fils aîné me montra des photos d'une sculpture qu'il venait de réaliser à Taïwan. Sur les tirages couleur, en regardant bien , on pouvait aperçevoir un petit moineau, juste posé en haut de la sculpture. Le même?...un autre?...Quelle importance....

Tout cela pour te dire que: Quand je ne vais pas bien, je m'installe en terrasse pour boire un café. Je suis souvent absente du réel, plongée dans mon univers et n'étant pas vraiment là, je ressemble  à une statue au corps de chair.

Plusieurs moineaux tournent autour de ma table, s'approchent en tournant la tête, m'observent dans mon immobilité, font demi-tour et puis reviennent. Dans mon fort intérieur , je leur parle,ils ont plusieurs noms et c'est moi qui leur ai donné. Je les reconnais à quelques plumes prés.

Je repense à nous et à nos nombreuses années passées ensemble. A ton accueil la première fois où je suis arrivée chez toi, à tes "performances" toutes personnelles qui angoissaient tout le monde mais qui finalement nous faisaient rire. Ton élégance était hors pair comme tes fous rires ou tes colères jamais bien longues mais efficaces...Au fond tu étais une artiste à ta manière entre Fluxus et Bunùel, peut-être grâce à Homère que tu aimais temps.

Ben , ne t'a pas oublié et nous avons été trés touché. D'autres nombreux étaient présents aussi dans leur douleur.

Jacques était là et peut-être ai-je été une des rares à saisir votre amour, surtout quand tu m'en parlais. Compagnons de fortune et de liberté pour ne pas se perdre plus avant et rester ensemble à vivre le présent.

Je te dis à bientôt pour une autre lettre

Je t'embrasse,

Elisabeth qui pense à toi.

 

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