Helmut Federle 01

Publié le par Becquerel





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Delirious Acceptance ( The So-called Many ) 2003
acrylic on linen 330 x 550 cm ; collection of the National Gallery of Australia

 

 

...Malgré leur austérité et grâce à elle, les images de Helmut Federle retiennent par leur puissance plastique. Toutefois leur aspect visuel ne peut être dissocié de leur contenu intellectuel : la peinture reste l’expression d’une idée. Pour Helmut Federle, « la forme doit toujours être spirituelle ».

Son œuvre est marquée par le pessimisme, compensé par la recherche d’un idéal que seule la connaissance du monde peut procurer : la peur et l’espoir vont ensemble. Pour Helmut Federle, la sagesse vient de la communion avec l’univers qu’il traduit au moyen de symboles cosmiques.

L’art de Helmut Federle témoigne de la vie spirituelle qui s’exprime en retrouvant les accents profonds et solennels du romantisme. Il possède de multiples et profondes racines et présente des rapports variés et parfois inattendus avec la culture occidentale et celle de l’Orient. Si la philosophie de Nietzsche, et plus encore peut-être celle de Schopenhauer, ont marqué l’artiste, non moins que les morales enseignées par le taoïsme et le bouddhisme en Chine et en Inde, les fondements de l’art de Helmut Federle sont à trouver dans le monde des formes, celui de la peinture abstraite des débuts du XXème siècle et dans la peinture abstraite américaine des années 50.

À ces modèles, il faut ajouter l’Antiquité et les civilisations non- européennes. L’Orient a aussi exercé sur Helmut Federle une grande influence par son art et sa spiritualité.

La montagne, par ce qu’elle est et ce qu’elle signifie, tient dans l’œuvre et dans la vie de Helmut Federle une place capitale. C’est pour cette raison notamment que Helmut Federle a été invité dans l’exposition Ferdinand Hodler, qui s’est tenue en 2008 au musée d’Orsay.

Helmut Federle s’est aussi beaucoup consacré à l’architecture soit en réalisant des œuvres intégrées à des bâtiments (Ambassade de Suisse à Berlin, Museum Rietberg à Zurich, soit en collaborant à la conception même des édifices (laboratoire Novartis à Bâle), soit en créant de toute pièce un édifice (pavillon pour le tramway d’Orléans). Il a travaillé avec quelques-uns des plus grands architectes contemporains (Herzog et de Meuron, Adolf Krischanitz, Diener et Diener, Hans Kollhoff).

Helmut Federle a emprunté un chemin peu fréquenté depuis le début des années 70. Mais son œuvre reste cependant située dans son époque, de même qu’elle exprime le lieu d’où elle est issue, l’Europe : elle se résume dans l’idée de l’abstraction. Blinky Palermo, peu avant lui, Gerhard Merz et Imi Knoebel, partagent un certain nombre de ses préoccupations, y compris dans leur rapport avec la culture classique, l’art du XXème siècle et l’architecture.

L’œuvre de Helmut Federle contient un message qui réussit à lier l’évocation du passé et la traduction du présent, la culture de l’Occident et de l’Orient, et tient l’équilibre entre la recherche d’un idéal et la tentation de la négation. Ce message est exprimé avec une retenue et une hauteur qui lui permettent de trouver des accents universels.

D’après un texte de Serge Lemoine, professeur à la Sorbonne






 

 

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